Spy to
love me
La patrie des espions, la ville de Washington, vient d'ouvrir un musée
pas comme les autres. Un lieu dédié à l'espionnage.
L'International Spy Museum est le premier temple des amateurs de James
Bond et autres OSS 117. Mais ici pas de cinéma. Accrochez votre
barbe postiche, nous rentrons dans l'antre de l'espionnage international.
Bon
baiser de... Washington
Installé à quelques mètres du quartier général
du FBI et à quelques encablures de la galerie des portraits des
grands hommes qui ont fait l'Amérique, le premier musée
dédié à l'espionnage a ouvert ses portes le 19
juillet dernier dans la capitale des espions. Clin d'œil des vieux
de la CIA, le musée est hébergé dans l'ancien siège
du parti communiste américain dans les années 40. Son
directeur, Peter Earnest, a travaillé prêt de 35 ans pour
les services secrets américains. Si plusieurs musées de
ce type étaient accessibles à la CIA et à la NSA,
ils étaient
sur
rendez-vous et ce qui était visible était très
limité. L'après 11 septembre fermera les portes de ces
mini musées au sein de lieux sensibles. L'International Spy Museum,
lui, est ouvert à tous… pour 11 dollars.
| Cinéma
et espion, une histoire d'amour Dès les années 30, le cinéma va s'intéresser de très près à l'espionnage. Le maître du genre, Alfred Hitchcock, avec en 1934 "L'Homme qui en savait trop" ou encore, en 1938, avec l'exceptionnel "The Lady vanishes". Les espions de leurs côtés vont s'intéresser aux techniques de maquillages du cinéma, au point que certains grands artistes maquilleurs d'Hollywood vont prêter main forte à certaines missions. Les services secrets s'intéressent aussi au cinéma par les messages qui peuvent être passés. Tom Cruise, qui peaufine son troisième volet de Mission : impossible, aurait rencontré des agents et responsable de la CIA. Une rencontre, comme l'explique le site de tf1, qui avait pour but de rendre le scénario plus crédible, mais aussi, donner une meilleure image des agents secrets de l'oncle Sam. |
Demain
ne meurt jamais
N'espérez pas découvrir les gadgets derniers cris, mais
ceux utilisés dans les années 50/80, de quoi déjà
vous donner une idée des petites trouvailles qui font le charme
des "James Bond". Chose marrante justement, on y apprend dans
ce musée que certains artistes d'Hollywood, maquilleurs, costumiers,
décorateurs ont pu aider les services secrets américains
pour travailler et peaufiner certains déguisements, par exemple.
On y apprend aussi que les gadgets de James Bond existent, soit sous
la forme de prototype, soit carrément, comme objet utilisé
par... les espions. Un musée qui retrace donc l'histoire de l'espionnage,
les hommes et les femmes qui ont marqué les esprits, un musée
qui propose de
comprendre
pourquoi l'espionnage est important pour nos sociétés.
Des cas concrets, mais certainement enjolivés, parsèment
le parcours de ce lieu pas comme les autres comme ces espions américains
ayant infiltrés les hautes sphères du gouvernement iranien
en 1979, vous pourrez aussi y suivre une réunion d'espion ou
suivre le travail des "agents" dans le centre de contrôle
opérationnel du FBI. A noter que le musée pousse le bouchon
un peu loin dans "Les autres, se sont les méchants, et nous
américains, nous sommes les gentils", mais bon, l'information
et la désinformation est aussi le travail de l'espion !
La caverne
de Q
Pas question ici de pornographie, quand nous parlons de la caverne de
Q, les amateurs des "James Bond" auront reconnu l'homme Gadget
de la série de Ian Fleming et la partie "objets" du
musée lui est dédié. Pas moins de 600 objets sont
présentés, dont plus de 250 ayant été utilisés
pour l'espionnage. Cela va du premier "logiciel" de chiffrage,
deux
rouleaux en cuivre, en passant par la crotte de chien dans laquelle
est camouflé un micro, sans parler des caméras miniatures,
certaines ayant la taille d'un briquet. Miniaturisation impressionnante
pour des espions photographiques inventés dans les années
60. Des armes aussi sont visibles. Très loin du PPK ou P99 de
Bond, vous pourrez y voir un rouge à lèvres pas comme
les autres, son nom, le baisé de la mort ou encore un parapluie
qui a très certainement du servir en France à l'occasion
des assassinats orchestrés par les tueurs des services secrets
bulgares. Un "parapluie bulgare" qui contenait une pointe
empoissonnée qui permettra aussi d'assassiner en 1978 l'écrivain
dissident bulgare Gueorgui Markov. 50 années de technologie d'espions
qui font sourire aujourd'hui comme l'utilisation de l'encre sympathique
ou encore du jus de citron, ou plus technique les outils de
chiffrement
des armées allemandes et japonaises lors de la seconde guerre
mondiale. La partie déguisement est la cerise sur le gâteau
de ce musée qui montre, étape par étape, la métamorphose
d'un agent en un homme plus âgé, au physique totalement
modifié.
Goldeneye
Le musée relate quelque peu les nouvelles technologies employées
pour "sauvegarder les propriétés des américains
et de leurs alliés" dixit Peter Earnest, ancien de la CIA
et directeur de ce musée. Satellites, bases avancées d'écoutes
et aux moyens d'espionnages du 21e siècle pour lutter, par exemple,
contre le terrorisme. On est bien loin de l'espionnage via un pigeon
porteur d'un appareil photographique utilisé lors de la première
guerre mondiale. La France est représentée dans ce musée,
par le parapluie des bulgares mais aussi via quelques lignes traitant
du cardinal
de Richelieu , maître de l'intrigue et des mots codés.
La dernière section de ce musée, l'école des espions,
vous propose de tester votre aptitude à devenir un espion. Images,
objets cachés vous diront si oui ou non, les lunettes noires
sont faites pour vous.
On
termine la visite de ce musée par le bar qui offre une carte
du monde remplie de points multi-couleurs. Il parait que cela représente
les lieux et autres agents ayant "espionnés" pour...
ou contre les USA. En gros partout ! Pour les amateurs, la boutique
vous offrira livres, maquillages et photos officielles. Un conseil,
si vous restez quelques jours dans cette ville,
achetez
la carte officielle des espions de Washington. Elle va vous balader
de monuments en monuments et de cafés en cafés, lieux,
paraît-il, témoins de rencontres entre espions. A voir,
les "Black Bag Job", des emplacements dans certains murs,
parcs, W.C. de Washington qui permettaient de cacher des documents à
destination d'espions américains... ou étrangers ! Comme
a pu nous l'expliquer son ex-espion de directeur, Peter Earnest, "Le
Musée de l'espionnage international est la première institution
publique mondiale consacrée à la présentation de
l'histoire du monde d'espionnage." Et la visite, si vous en avez
l'occasion, en vaut vraiment la peine.
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