2006 devrait voir la poursuite du vol de données personnelles, confidentielles
ou d'identité, une sophistication des menaces pour les entreprises,
une diversification des attaques pour les particuliers et une inexorable progression
des risques sur les mobiles. Voici les évolutions de la sécurité
et des dangers informatique à venir. -
Par McAfee
McAfee célèbre actuellement le dixième anniversaire du
groupe AVERT, sa structure de recherche et de protection contre les menaces
Internet. Mise en place, le 5 novembre 1995, le groupe était initialement
une petite équipe répartie entre Santa Clara (USA), Amsterdam,
Paris et Sydney. Aujourd'hui, il regroupe des chercheurs et ingénieurs
présents sur cinq continents, 14 pays et 20 villes. Ce laboratoire
décentralisé est actif 24 heures sur 24 et 365 jours par an.Grâce
à son expérience et à son expertise, McAfee AVERT a découvert
deux des attaques les plus virulentes de ces dernières années
: Melissa en 1999 et MyDoom en 2004. Jimmy Kuo, chercheur chez
McAfee, a donné le nom de Melissa et a tenu un rôle essentiel
dans l'identification de son auteur. Il a collaboré avec le gouvernement
américain pour l'informer et limiter les dégâts causés
par ce virus. Pour cette participation, Jimmy Kuo a reçu le prestigieux
Federal 100 Award. Selon Computer Economics, l'impact financier de
Melissa en 1999 s'est élevé à environ 1,5 milliard de
dollars.
De son côté, Craig Schmugar, un autre chercheur du groupe, a
découvert MyDoom. Ce ver fut à l'origine de l'attaque la plus
soudaine jamais observée sur Internet. Toujours selon Computer Economics,
il a contaminé jusqu'à 12 000 systèmes à l’heure
et le montant de ses dégâts a été estimé
à 5,25 milliards de dollars pour 2004. À l'occasion de cet anniversaire,
François Paget, l'un des membres fondateurs du groupe, revient sur
l’année 2005 et expose quelques prévisions pour 2006.
42% des français capable de se connecter à Internet
Durant les dix années écoulées, nous avons vu la nature
et la vitesse de propagation des menaces évoluer de façon spectaculaire.
A l'aube de 2006, plus d'un milliard d'internautes peuple la planète.
Avec un taux de pénétration1
de 68,7% les Etats-Unis comptaient 203,5 millions d’utilisateurs de
l'Internet en septembre 2005. A cette même date, la Chine et ses 103
millions de connectés découvraient simplement le monde virtuel
(taux de pénétration de 7,9%). En Europe, la France compte 25,6
millions d'utilisateurs de l'Internet (taux de pénétration de
42,3%). Elle se situe en 9ème position sur la liste des
pays ayant le plus grand nombre d'internautes. Face à ces millions
d'utilisateurs, McAfee AVERT a recensé plus de 160 000 programmes différents
qui menacent leur tranquillité et leur vie privée. Des milliers
d'autres codes et vulnérabilités sont, sans doute, non encore
identifiés. Ils représentent tous un danger, que l'on soit un
particulier ou un professionnel.
Retour sur 2005
L'informatique familiale : le maillon faible.
De récentes enquêtes tendent à démontrer que les
entreprises sont de plus en plus conscientes des risques et de mieux en mieux
protégées. En 2003, 95% d'entre elles annonçaient utiliser
un antivirus et 83% un pare-feu2.
Malgré ces chiffres rassurants, elles ne sont pas à l'abri d'une
attaque distribuée et réfléchie. Au-delà du périmètre
de l'entreprise, la multiplicité des ordinateurs personnels connectés
à Internet par l'ADSL fait peser une menace impersonnelle et grandissante.
Les ordinateurs familiaux sont de plus en plus nombreux et leurs propriétaires
toujours inconscients des risques qu'ils encourent.
Une étude, réalisée en 2004 par America Online Inc.
et la National Cyber Security Alliance (NCSA)3,
révèle que la plupart de ces personnes pensent qu'ils ne sont
pas menacés. Plus de 3 utilisateurs d'ordinateur sur 4 considèrent
qu'ils ne sont pas concernés par les menaces virtuelles. Cette impression
de sécurité conduit la majorité d'entre eux à
stocker des données personnelles sensibles sur leur ordinateur, comme
des informations médicales et financières, sans protection suffisante.
Cette impression de sécurité est erronée dans la plupart
des cas. En effet, deux tiers des participants à l'étude ne
mettent pas à jour leur programme antivirus et un utilisateur sur sept
n'utilise aucun programme antivirus. Si l'on admet qu'un PC non à jour
et connecté sur Internet a une durée de vie sans infection de
moins de 20 minutes4,
il est à craindre qu'un nombre impressionnant d'ordinateurs ne soient
infectés par des programmes malveillants, logiciels espions ou robots,
à même de rassembler secrètement des informations via
leur connexion Internet ou de servir de passerelle à des activités
légalement répréhensibles. S'ils souhaitent s'attaquer
à une entreprise, les pirates ne s'y trompent pas : ils visent
les particuliers pour mieux rebondir sur leur cible. Transformées en
machines « zombies », les PC des internautes en bout
de chaîne sont utilisés pour mener des attaques de grande envergure.
La persistance des robots
L'invasion des robots fut un fait marquant en 2004 et leur nombre n'a cessé
d'augmenter en 2005. Ils sont connus sous divers noms de baptême :
Sdbot, Agobot, Gaobot, Spybot, Polybot, Kwbot, Phatbot, etc. Ce sont des programmes
malveillants permettant une prise de contrôle à distance de machines
vulnérables afin de former un réseau d'attaque caché
(ou botnet). En octobre, la Wildlist5
en annonçait 144 dans sa liste principale et 3 028 dans sa liste secondaire
soit une augmentation de plus de 400 % sur 12 mois. Pour s'implanter, ils
utilisent des méthodes classiques s'aidant d'un virus ou d'un message
de type spam. Un robot déjà installé sur une machine
peut aussi effectuer sa propre mise à jour afin de rester plus longtemps
indétecté. Nombre d'entre eux se propagent aussi par exploitation
d'une vulnérabilité non comblée, d'un partage ouvert
(open shares) ou d'un mot de passe faible ou manquant.
Des robots et des PUPs
Distribués au profit de régies publicitaires, les programmes
potentiellement indésirables (PUPs) augmentent en nombre. Le groupe
AVERT annonce pour 2005 une progression de 40 %. Alors que la législation
avance à des allures variables, les professionnels de la sécurité
ont mis en place des groupes de travail comme l'Anti-Spyware Coalition7,
dont McAfee est l'un des membres fondateurs. Ils s'efforcent de définir
et de catégoriser les comportements potentiellement indésirables.
Parallèlement, les éditeurs de logiciels de publicité
semblent faire un effort d'auto contrôle. En effet, en 2005, une nouvelle
tendance se précise. Certains utilisateurs de réseaux de robots
(botnet) découvrent qu'il est très rentable ; et peut
être moins dangereux - de les utiliser comme aide à la diffusion
d’adware. Ces personnes peu scrupuleuses s'associent à des régies
publicitaires qui vont ensuite les rémunérer au nombre d'installation.En
août 2005, la société 180solutions porta plainte contre
sept de ses affiliés pour avoir diffusé ses adwares sans consentement
initial8.
La société dénonçait ainsi les agissements de
personnes malintentionnées en Grande-Bretagne, en Australie, au Canada,
au Liban, en Slovénie et en Hollande. Afin d'augmenter leurs gains
(entre 7 et 50 cents par installation), elles auraient utilisées des
machines zombies comme aide à la diffusion. Selon les experts, un réseau
de 5 000 machines permettait un revenu de $744 par jour, ou $22 346 par mois.
La plainte aboutie en octobre 2005 à l'arrestation de 3 suspects par
la police hollandaise. (Sur ZATAZ Journal nous avions révélé,
entre autre, le spyware diffusé via des publicités diffusées
sur Lycos. 8b)
Les chevaux de Troie d'hier sont toujours à la mode
L'augmentation du nombre de chevaux de Troie est encore plus importante que
celle des PUP. Ce terme générique (en anglais : Trojan)
recouvre de nombreux types de programme malveillants. En apparence inoffensif,
ils contiennent une fonction illicite cachée et connue de l'attaquant
seul. Dans cette grande famille, les portes dérobées et les
renifleurs de mot de passe ont été fortement utilisés
en 2005. La porte dérobée (en anglais : backdoor) est
un programme implémenté secrètement sur une machine.
Il permet ensuite à son concepteur de s'introduire depuis un lieu distant.
Le renifleur de clavier ou de mot de passe (en anglais keylogger ou
password stealer) est lui aussi dissimulé sur l'ordinateur de
sa victime. Il saisie certaines frappes au clavier et collecte des noms d'utilisateur,
des mots de passe et des informations personnelles et parfois confidentielles.
Les données sont ensuite renvoyées et employées à
des fins frauduleuses.
En mai 2005, 21 dirigeants d'entreprises et détectives sont arrêtés
en Israël10.
On les accuse d'avoir utilisé un logiciel leur permettant de pénétrer
dans les ordinateurs de leurs concurrents. Moyennant 3 000 euro;, chaque version
était adaptée à la cible. Pour mieux tromper les logiciels
de sécurité, chaque version était également unique.
Son concepteur l'envoyait par e-mail ou l'intégrait à un CD
contenant une proposition commerciale imaginaire. Une fois le travail d'installation
du produit espion terminé, le « client » recevait
une adresse IP, un nom d'utilisateur et un mot de passe afin qu'il puisse
accéder directement au système qu'il souhaitait espionner.
Toujours en 2005, il est possible de citer le rapport du NISCC (Centre britannique
de coordination de la sécurité de l'infrastructure nationale),
émis en juin11.
Il rapporte, qu’à cette époque, une attaque d'une envergure
sans précédent frappa les réseaux informatiques du Royaume-Uni.
Selon ses estimations, près de 300 sites clés vitaux furent
la cible d'attaques virales via l'Internet et les courriers électroniques.
Le retour des rootkits
Ces derniers mois, un autre phénomène a pris de l'ampleur et
s'est complexifié. Il s'agit des rootkits. Ce type de programme permet
de rendre totalement furtif un autre programme en les rendant (lui et son
rootkit) invisibles à un outil de sécurité tel qu'un
antivirus. Dans tous les cas, le but est d'empêcher que l'utilisateur
ne perçoive des informations indiquant la présence d'activités
clandestines sur son ordinateur. Le rootkit rend invisible les processus,
les fichiers et les connexions réseaux du pirate. Une fois résident
en mémoire, il est très difficile à détecter.
Bien connu dans le monde UNIX, ces programmes permettent maintenant, dans
le monde Windows, une meilleure furtivité pour des codes malicieux
déjà connus (robots, renifleurs de mot de passe, portes dérobées,
etc.). Des sociétés commerciales utilisent le concept comme
outil de dissimulation et des organisations douteuses les mettent en vente
sur Internet. De récentes statistiques issues des remontées
faites par MSRT (outil de suppression de logiciels malveillants Microsoft
Windows) confirment la prévalence de ces programmes peu connus du public
(FURootkit, IsPro et Hacker Defender sont les premiers de la liste). Après
l'annonce publique de sa découverte le 31 octobre 2005, le produit
SONY BMG (DRM-rootkits - Digital Rights Management) est maintenant lui aussi
détecté et éliminé par nombre d'antivirus. Malgré
quelques programmes spécifiques très performants, les antivirus
deviennent l'une des meilleures solutions pour leur détection et leur
élimination. Nous avons pu montrer qu'il était possible de mettre
en oeuvre des détections génériques et VirusScan possède
depuis juillet 2005 une détection « new rootkit ».
Davantage d'attaques sur les équipements mobiles
C'est en juin 2004 qu'a été détecté le premier
programme malveillant ciblant les mobiles. Cette première attaque,
conçue comme une preuve de faisabilité par un groupe bien connu
d’auteurs de virus, visait le système d’exploitation Symbian.
Peu après, on vit apparaître le premier virus pour Pocket
PC infectant les fichiers Windows CE. Depuis cette date, plusieurs
chevaux de Troie pour mobiles ont vu le jour ; ils marquent le début
d’un intérêt réel pour les codes malicieux visant
ces équipements. Si l'on se réfère au temps des premiers
virus dans le monde DOS, leur nombre augmente aujourd'hui 10 fois plus vite
que par le passé. Au 2ème trimestre 2005, 121 variantes de menaces
mobiles ont été enregistrées. Ce nombre devrait augmenter
de manière significative en 2006.
Une forte augmentation du nombre des vulnérabilités
Alors que le nombre total de vulnérabilités était stable
en 2003 et 2004, il semble que l’année 2005 voit apparaître
un nouveau record. Les derniers chiffres du CERT12
sont éloquents :
|
Année |
2000 |
2001 |
2002 |
2003 |
2004 |
1Q-3Q, 2005 |
|
Vulnérabilités |
1 090 |
2 437 |
4 129 |
3 784 |
3 780 |
4 268 |
1 Internet usage and population
2 Etudes et statistiques 2003 sur les politiques de sécurité et la sinistralité en France.
https://www.clusif.asso.fr/fr/production/sinistralite/docs/PolitiquesSSI_Presse290604.pdf
3 Les particuliers ont une vision trop rose des logiciels espions et des virus
http://www.eetimes.fr/bus/news/showArticle.jhtml?articleID=51201442
4 Survival Time History
5 The WildList Organization International
6 Rootkit worm linked to hacker group in Middle East
http://news.com.com/Rootkit+worm+linked+to+hacker+group+in+Middle+East/2100-1029_3-5958838.html
7 Anti-Spyware Coalition
8 Adware Firm Accuses 7 Distributors of Using 'Botnets'
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2005/08/16/AR2005081600727.html
9 Computer virus broker arrested for selling armies of infected computers to hackers and spammers -
Indictment also Alleges Scheme to Use Botnets to Install Adware for Profit
10 Industrial Espionage using Trojan horses
11 Targeted Trojan Email Attacks
25-05-2012 à 13:05 - 1 commentaire(s)
Info zataz - Des dizaines d'hébergeurs sous le contrôle d'un Anonymous Français. Il déclare la guerre aux serveurs privés Dofus.
24-05-2012 à 12:09 - 0 commentaire(s)
Info zataz - Une vague de faux messages vise des milliers de comptes Français Facebook. Prudence aux photos sexy diffusées.
22-05-2012 à 00:43 - 0 commentaire(s)
Info zataz - Un iPhone jailbreaké couplé avec Tweak Bulletin permet de passer outre le mot de passe d´ouverture du téléphone.
22-05-2012 à 00:38 - 0 commentaire(s)
Le fabricant chinois de téléphone portable ZTE a confirmé la présence d'une porte dérobée dans l'un de ses smartphones sous Android.
22-05-2012 à 00:31 - 0 commentaire(s)
Info zataz - Des milliers de données sensibles volées par des Anonymous au Bureau of Justice US.
22-05-2012 à 00:09 - 0 commentaire(s)
Info ZATAZ : Plusieurs dizaines d´informations concernant des pédophiles présumés venant du réseau Darknet diffusées par des Anonymous.
20-05-2012 à 20:38 - 0 commentaire(s)
Info zataz - Des failles découvertes sur les sites des magazines FHM, ELLE et Forbes peuvent mettre en danger les lecteurs internautes.
20-05-2012 à 20:28 - 0 commentaire(s)
Info @zataz - Le gouvernement Québécois veut faire interdire des manifestations étudiantes. Les Anonymous répondent en lançant des attaques informatiques.
Info zataz - Une vague de faux messages vise des milliers de comptes Français Facebook. Prudence aux photos sexy diffusées.
Info zataz - Des failles découvertes sur les sites des magazines FHM, ELLE et Forbes peuvent mettre en danger les lecteurs internautes.
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L’application de messagerie instantanée multiplateforme WhatsApp ne chiffrait pas les données envoyées.
Info zataz - La prestigieuse école Harvard trouée. Un white hat découvre comment accèder à l'une de ses bases de données.
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