Le manager de U2 s'en prend aux fournisseurs d'accès à Internet
Et puis, ce lundi, Paul McGuinness, le manager de U2, est monté à la tribune pour une conférence. Et il en a juste profité pour donner un grand coup de pied dans la fourmilière en expliquant que si la filière musicale va si mal, «c’est que l’argent de la création est allée aux technologies». Une attaque frontale visant les fournisseurs d’accès et autres sites de partages, et ceux qui utilisent les réseaux P2P pour échanger des fichiers.
Il s’en est également pris à la compression en MP3 qui pour lui «a détérioré massivement la qualité des morceaux comparés aux enregistrements sur CD et sur vinyls». Et de citer un mouvement qui est en train de naître sur le P2P, les «lossless» qui veulent revenir à un standard de qualité plus élevé.
Autre ruade du manager: pour lui, l’expérience de Radiohead, tant cité en exemple pour avoir réussi à être numéro 1 des ventes avec son CD après l’avoir mis en téléchargement à un prix laissé libre pour les internautes, est un échec. Il a expliqué que la majorité des téléchargements ne s’est effectuée sur les réseaux P2P alors que l’album était disponible sur le site officiel du groupe. Cela démontre pour lui que «si le consommateur n’est pas contraint, il va voler la musique».
Selon lui, il est temps pour les fournisseurs d’accès de prendre leurs responsabilités qui ont trop profité de la musique gratuite pour conquérir des clients. Une économique conduite par des personnes représentant «une culture hippie de la côte ouest des Etats-Unis», très critiques des modèles et des industries existants.
Après toutes ces attaques, lui aussi arrive toutefois à la conclusion que les FAI doivent devenir des partenaires et non des adversaires pour l’industrie du disque. Quitte à y arriver par la législation si des accords commerciaux ne sont pas possibles. Et de citer en exemple les conclusions de Nicolas Sarkozy suite à la mission Olivennes proposant de couper les abonnements Internet des fraudeurs.
S’il y en a qui ont bu ces paroles comme du petit lait, ce sont tous les producteurs de disques qui ont toujours tenu ce discours, avec le peu succès que l’on connaît. On appelle cela une revanche.

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