Avocats et comptables dans la ligne de mire des pirates

Alors que l’on nous parle de nombreux cas de piratages dans le monde de la santé, c’est oublier un autre secteur particulièrement visé : les avocats et les comptables.

Je l’écris souvent depuis des mois, mais qui osera déposer plainte contre un cabinet d’avocats qui s’est fait pirater des données ? Qui osera mettre devant la justice le même cabinet d’avocats qui s’est fait piéger par un ransomware et qui se retrouve avec vos données et/ou celle de votre entreprise dans la nature malveillante qu’est le « petit » monde des pirates informatiques.

Selon mes statistiques, depuis septembre 2020, ce n’est pas moins de 196 cabinets d’avocats et cabinets comptables à s’être retrouvés emmêlés dans un chantage numérique de seconde vague. Cette seconde vague, pour rappel, concerne la menace de la diffusion de données volées par un pirate.

Parmi les derniers cas en date, les pirates de Sodinokibi qui affichent, en 24 heures, quatre très importants cabinets d’avocats américains (Corbally, Gartland and Rappleyea, McCabe & Ronsman, The Crime and Justice Institute, Reno & Zahm LLP). Le problème avec ces cibles de choix, leur carnet d’adresse !

Et là, soyons très clair, entre les cabinets qui paient les pirates pour que les informations disparaissent ou ceux dont les données sont en train de fuiter comme les entreprises citées, le plus grand danger est à venir pour les partenaires et clients.

Une business criminel en hausse

L’Internet Crime Complaint Center du FBI, connu aussi sous l’acronyme IC3, vient de publier son dernier rapport annuel intitulé « Internet Crime Report 2020 ». Il offre un état des lieux de la menace et particulièrement des plaintes pour des attaques sur Internet ainsi que des statistiques sur les escroqueries liées à la pandémie de COVID-19.

Avec 791 790 plaintes pour suspicion de criminalité sur Internet reçues en 2020, le Federal Bureau of Investigation note une augmentation de plus de 300 000 plaintes par rapport à 2019. Les pertes déclarées dépassant 4,2 milliards de dollars. La France figure notamment à la 7e place dans le top 20 premiers pays par nombre total de victimes.

« Les attaques de type Business Email Compromise (BEC) et Email Account Compromise (EAC) sont sans conteste le problème le plus coûteux en matière de cybersécurité – et les plus de 1,8 milliard de dollars de pertes annuelles déclarées ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Commente Loïc Guézo, Directeur Stratégie Cybersécurité EMEA chez Proofpoint. De par leur nature même, les escroqueries par email sont souvent sous-estimées, car elles passent inaperçues, mais elles entraînent des pertes financières très lourdes. Avec un si grand nombre d’employés travaillant à domicile et en dehors de l’environnement réseau traditionnel, il n’y a jamais eu de moment plus critique pour baisser la garde face aux attaques par email qui ciblent les personnes. Les trois principaux crimes signalés par les victimes reposent sur l’interaction humaine, ce qui montre à quel point ils sont incroyablement lucratifs pour les acteurs de la menace. Les organisations et les employés doivent rester vigilants. »

En 2020, le FBI a reçu 2 474 plaintes concernant des cyberattaques de type ransomware. Pertes annoncées de plus de 29,1 millions de dollars.

Au sujet de l'auteur
Damien Bancal - Fondateur de ZATAZ.COM / DataSecurityBreach.fr Travaille sur les sujets High-tech/Cybercriminalité/Cybersécurité depuis 1989. Gendarme commandant réserviste Cyberdéfense Hauts-de-France. Ce blog est personnel. En savoir plus : https://www.damienbancal.fr

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