Les États-Unis décident de troller les hackers cachés en Russie

Face à l’incapacité d’agir directement contre les hackers cachés en Russie, les États-Unis ont adopté une stratégie inédite : le trolling psychologique. une approche innovante qui pourrait aussi attirer la mafia locale à s’intéresser aux hackers Russes.

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Le recours à la pression psychologique est devenu l’un des principaux outils des forces de l’ordre et des services de renseignement américains pour lutter contre les cybercriminels russes. Incapables d’intervenir directement sur le sol russe où les autorités locales ferment les yeux [Le FSB, via des infos du FBI avant le conflit Russo-ukrainien, avait pu attraper Sodinokibi], les Américains ont opté pour des opérations à distance visant à semer la discorde et la méfiance parmi les hackers. Conti et Lockbit sont les cas les plus connus.

Les opérations psychologiques, également appelées psyops, visent à saper la confiance entre les cybercriminels. En envoyant des messages personnalisés prouvant qu’ils sont surveillés, les autorités américaines cherchent à instiller des doutes subtils dans l’esprit des hackers. « Les opérations psychologiques entreprises visent à saper la confiance limitée des criminels les uns envers les autres, ainsi qu’à semer des doutes subtils dans l’esprit fragile des hackers. En outre, ils envoient des messages personnalisés prouvant qu’ils sont surveillés », rapportent les journalistes de Wired.

Bien que le FBI ne puisse pas atteindre le noyau dur de la cybercriminalité russe, ces opérations ont un impact significatif sur la capacité des groupes à se développer. La méfiance croissante parmi les hackers ralentit leur efficacité. Paul Foster, directeur de la gestion des menaces à l’Agence nationale de la criminalité du Royaume-Uni, explique que des groupes comme LockBit, autrefois fiers de leur anonymat, ont vu leur marque et leur anonymat perturbés par des opérations ciblées comme l’opération Cronos.

Lors de cette opération, les partenaires de LockBit recevaient des messages personnalisés indiquant que les autorités américaines connaissaient leurs adresses IP, pseudonymes, numéros de portefeuilles de cryptomonnaies, ainsi que leurs conversations internes. Ce type de tactiques a pour objectif de nuire à la réputation de la marque et de porter atteinte à la qualité des relations interpersonnelles entre les hackers. A noter que depuis quelques jours, l’ensemble des blogs de LockBit ont disparu.

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Exemples d’opérations psychologiques

Ce n’est pas la première fois que des opérations psychologiques sont utilisées dans le domaine de la cybersécurité. Par le passé, plusieurs campagnes ont été lancées pour perturber les activités des cybercriminels. En 2016, le Cyber Command américain a mené une opération contre l’État islamique baptisée Opération Glowing Symphony. Mission, perturber leurs communications et en rendant leurs plateformes de propagande inefficaces.

2009, l’Opération Aurora est lancée par des hackers présumés Chinois. Google et d’autres entreprises sont victimes d’une série de cyberattaques. En réponse, des mesures ont été prises pour exposer les méthodes et les identités des hackers impliqués, créant ainsi une méfiance au sein de leurs rangs.

En 2017, l’Op Bayonet : En 2017, une opération internationale a permis de démanteler AlphaBay, un des plus grands marchés noirs en ligne. Les forces de l’ordre ont infiltré le réseau et utilisé des informations internes pour désorganiser les activités des criminels.

Au sujet de l'auteur
Damien Bancal - Fondateur de ZATAZ.COM / DataSecurityBreach.fr Travaille sur les sujets High-tech/Cybercriminalité/Cybersécurité depuis 1989. Gendarme réserviste - Lieutenant-Colonel (RC) ComCyberGend. Fondateur du Service Veille ZATAZ : https://www.veillezataz.com En savoir plus : https://www.damienbancal.fr

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